mercredi, janvier 12, 2005

Le ravissement de la détresse

Écrire c'est bien sûr transmettre l'émotion. Lire, la recevoir. Mais lorsque cet échange transcende les années, les siècles, les milieux, les cultures et même les sexes, alors l'art des mots atteint des sommets aussi troublants que grandioses.

L'expérience la plus saisissante qu'il m'ait été donné de ressentir à ce chapitre, c'est Gabrielle Roy qui me l'a fait vivre. J'ai lu "La détresse et l'enchantement" en pleurant à toutes les quatre/cinq pages. Ses mots, sa sensibilité, ses tourments et ses joies résonnent absolument avec mes propres vagues intérieures.

Là est l'absolu miracle de l'écriture. Une femme, née 50 ans avant l'homme que je suis, à l'autre bout du pays, dans une époque qui n'a rien à voir avec celle qui m'a formé, que je n'ai jamais connue… m'a bouleversé comme bien peu d'êtres l'ont fait.

Parce que dans d'infinis détails, je ressent exactement ce qu'elle a écrit avoir ressenti. Je pourrais citer des centaines d'exemples, je vous en propose un.

J'ai écrit en décembre '93 une petite chanson, dont une strophe exprimait ce qui me manque le plus l'hiver.

Un mois plus tard, ma mère m'a offert "La détresse…" . Et je suis tombé sur ce passage…

Allez voir les liens, vous allez comprendre vraiment ce dont je viens de vous parler.

Et après, relisez-là, elle.


Et goûtez jusqu'à quel point elle écrivait de façon absolument magnifique.




Photo : Annette et Basil Zarov.



5 Commentaires:

Blogger Catherine a répondu...

Peut-être viens-tu d'écrire la vraie de vraie définition d'âme-soeur...

10:11 a.m.  
Blogger Linda a répondu...

Les mots qui troublent sont des dessins d’émotions esquissés par des écrivains qui captent la lumière. Rien ne diffère entre l’œuvre d’un Renoir, d’un Marc-Aurèle Fortin de celle d’une Gabrielle Roy ou d’un Félix Leclerc. Ils sont intemporels et sans frontières. Les premiers dessinent ce que leurs yeux ont touché et les seconds touchent ce que leurs mots ont vu.

4:27 p.m.  
Blogger Mont-Lebel a répondu...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blogue.

12:04 a.m.  
Blogger Mont-Lebel a répondu...

Have a beer in my car...I want to write poems with you

12:18 a.m.  
Blogger racontars a répondu...

Je déteste l'hiver qui me fais mal jusqu'aux os. Et pourtant, ils sont bien plus doux queceux de chez toi.
Et la joie aux premières feuilles est un merveilleux plaisir

8:52 a.m.  

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"Si on oublie le passé, on ne peut comprendre le présent.
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B.H.

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